Jusqu'à Abandonner
Le contact de sa peau la faisait frémir. Chaque touché, chaque baiser était excitant. Elle ne pouvait repousser ces lèvres douces et pressées. Sa main sur son visage la faisait fondre et la seconde sur son dos la forçait à s'abandonner à ce plaisir. Des choses si simples, mais si enivrantes et personnelles...
Elle ferma les yeux afin de ressentir les frissons de l'instant qu'elle passait en compagnie de l'inconnu, ces sentiments qui lui étaient jusqu'alors étrangers. Elle n'avait jamais rien vécu de tel auparavant. La main, sans délicatesse, glissa de son sein à sa hanche pour lui retirer son gilet. Le contact des doigts froids sur sa chair chaude lui créa quelques tremblements. Il lui paraissait si étrange d'éprouver toutes ces esthésies qui ne lui étaient pourtant pas déplaisantes. Il retira lui-même son gilet d'un geste vif, posa ses mains sur le pantalon de la jeune femme et le lui enleva. Il fit de même avec le sien et colla son corps à celui de sa partenaire. Il lui détacha son soutien-gorge et le vent vint caresser la douce peau de la femme. Les deux êtres étaient presque nus et s'entrelaçaient dans la pénombre de la nuit sans lune. Deux ombres s'unissant sous un lampadaire dans une ruelle qui laissait échapper quelques cris.
Elle ouvrit les yeux d'où quelques perles d'eau avaient commencé à couler. L'homme se retira et commença à se rhabiller. La jeune femme tomba à genoux et, ne position f½tale, récupéra ses vêtements qui étaient dispersés sur le sol. Ses gestes étaient lents et sa vue brouillée par le flux de larmes qui ruisselaient sur ses joues.
L'homme remonta sa fermeture éclair. Il en avait finit avec cet être innocent et, elle, elle retournait lentement dans la réalité quittant son monde imaginaire, heureux et presque plaisant qu'elle s'était créé pour échapper au cauchemar qu'elle vivait. L'homme mit sa main dans sa poche d'un air décontracter et quitta la ruelle, laissant là, la pauvre femme, seule, entre la dure réalité et son échappatoire; un doux monde de songes.